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Le Morbihan Challenge 2019

Une première édition officielle qui a tenu ses promesses

· Sur le parcours

Un premier bilan à chaud... très chaud

Des mois de préparation et un violent orage soudain qui vient tout remettre en cause une heure après le départ, envoyant trois concurrents au tapis et ébranlant l'organisation. S'en suivent trois jours de course par une météo radieuse et optimale, marqués par une grande convivialité et une forte compétition entre des embarcations très différentes mais très proches en performances.

Petit résumé point par point :

La météo

Que dire...? A part un orage imprévisible et violent en début de course, il aurait été difficile de rêver mieux. Mais il y a eu ce grain soudain, qui montre qu'il faut être prêt à tout et qui est peut-être un signe de l'évolution de notre climat, après la tempête Miguel ou les phénomènes violents qui ont décimé la flotte du Bol d'Or sur le Léman.

Le décor

Le Morbihan a tenu toutes ses promesses et montré toute la diversité de ses plans d'eau. Il a ravi tous les concurrents venus de loin et qui n'avaient jamais fréquenté le Golfe ou la rade de Lorient. Il a émerveillé tous ceux qui n'avaient jamais parcouru les méandres du Blavet ou osé franchir Toul Bras.

La flotte

Qui eût crû qu'une yole en bois puisse faire jeu égal avec un trimaran pendant plus de 15 milles et faire une pointe à 16 nœuds? Qu'un modeste canot à clins et voile aurique puisse glisser aussi vite à l'aviron? Que trois trimarans réussissent l'aller-retour sur le Blavet en tirant des bords carrés de quelques dizaines de mètres et en traversant les trous de vent à la godille ou à la pagaie?

La seule performance attendue était celle du LiteXP, parfaitement adapté à ce programme, avec un rameur et une régatière de haut niveau aux avirons et à la barre.

L'ISO a également tenu son rang et était peut-être le bateau le plus extrême à mener sur les étapes longues.

La flotte était très hétérogène et a réuni deux mondes (la voile et l'aviron) qui se côtoient rarement et qui se sont trouvé des affinités et ont partagé le même plaisir d'aller le plus vite possible sur l'eau en toutes circonstances.

Le plateau était de qualité mais peu nombreux, avec 11 unités au départ. Peut-être verra-t-on plusieurs classes sur de prochaines éditions, comme les LiteXP, les trimarans de poche, les dériveurs et multis de sport, les yoles de Bantry et les voile-aviron traditionnels?

Pour la première fois en France, Kwindoo était utilisée pour le suivi d'un course en temps réel. Toutes les craintes sur l'installation et la prise en mains au dernier moment d'une nouvelle application ont vite été dissipées. La fourniture par Liteboat de batteries haute capacité a permis d'assurer l'alimentation en énergie des téléphones, sans crainte pour leur autonomie.

L'affichage des positions en direct a permis aux accompagnateurs de comprendre la situation de la flotte lors du passage de l'orage, et d'intervenir rapidement. Plus tard, il a servi à nourrir la tactique des concurrents qui avaient toutes les informations sur le cap et la vitesse de leurs adversaires. C'est ainsi que trois bateaux ont choisi de couper au plus court pour refaire leur retard sur le leader de la 3ème étape... et le laisser loin derrière.

De retour à terre, les trois étapes ont pu être rejouées et analysées lors de la soirée de clôture, montrant en particulier les pointes de vitesse réalisées sous le grain...

Les concurrents

Tous les profils étaient représentés parmi les 31 équipiers et équipières : des équipages familiaux, des forçats de l'aviron, des compétiteurs acharnés, des passionnés de belles coques en bois... avec tous les niveaux d'expérience ou de préparation.

Pour certains, la mixité était la condition la plus difficile à satisfaire. Plusieurs équipages se sont constitués à la dernière minute et un concurrent n'a jamais trouvé son équipière, malgré une recherche intensive. La mixité a clairement été un élément positif tant sur l'eau qu'à terre. Nous devons largement aux équipières la convivialité et la bonne humeur à terre et en mer. Sportivement, nous avions de vraies compétitrices tant à la voile qu'à l'aviron, qui ont bien élevé le niveau de performance de leur embarcation.

La compétition

Il y a clairement eu du match. Sur le Blavet, en baie de Quiberon ou en rentrant dans le Golfe, la régate se faisait au contact, avec de nombreux changement de leaders et des choix tactiques que la cartographie met bien en évidence. Les trois étapes ont été remportées par trois bateaux différents et le classement final (aux points) reflète la proximité en performances de bateaux que tout oppose :

Etape 1, Séné-Lorient

  1. Nada (Trimaran Newick 26')
  2. Liteboat (Lite XP)
  3. Citron Pressé (Trimaran Newick 23')

Etape 2, Locmiquélic - Hennebont - Locmiquélic

  1. Yole 27 (Yole de Bantry)
  2. Nada (Trimaran Newick 26')
  3. Liteboat (Lite XP)

Etape 3, Lorient-Séné

  1. Léos (Trimaran Tricat 23.5)
  2. Nada (Trimaran Newick 26')
  3. Liteboat (Lite XP)

Classement général

Il intègre des points de pénalité pour le changement d'équipages, les étapes non terminées ou non courues et les remorquages, sur la base du nombre de partants à chaque étape. Il s'établit ainsi :

1. Nada (Trimaran Newick 26') : 7 points

2. Liteboat (Lite XP) : 8 points

3. Léos (Trimaran Tricat 23.5) : 12 points

4 ex. Citron Pressé (Trimaran Newick 23') et ISO (Topper ISO) : 15 points

6. Yole 27 (Yole de Bantry) : 19 points

7. Bénétin (Ilur), Gali Mattia (Mattia F18), Petit Tonnerre (Lite XP), Tournepierre (Ilur) : 25 points

La demi-yole Petit Budget était hors catégorie car partie en solo.

Notons que la première étape a été fortement perturbée par une annonce d'annulation de la course du fait des chavirages occasionnés par à l'orage, suivie de l'annonce d'une reprise de la course. L'organisation présente ses excuses aux concurrents pour cette confusion qui a causé un réel préjudice à certains, mais qui n'aurait vraisemblablement pas affecté le classement final de l'étape. Du fait de l'absence du bateau comité resté dans le Golfe pour porter assistance aux bateaux en difficulté, le formalisme des départs des 2èmes et 3èmes étapes a été "très allégé", mais là encore, la domination de la Yole de Bantry et de Léos ne peuvent être remises en question.

Ce que le classement ne reflète pas, ce sont les impressionnantes performances des voile-aviron traditionnels, comme la Yole de Bantry, extrêmement rapide, flashée à près de 16 nœuds devant Port Navalo, dont le seul point faible est la remontée au plus près vent, ou de Bénétin qui marchait très fort à l'aviron jusqu'à la casse "bête" de son mat en fin de première étape.

Nada, Liteboat et Léos

Les accompagnateurs

Ils ont été déterminants dans le succès de cette édition : Didier (Tahaa) et Patrice (Ave Maria), qui ont porté assistance aux naufragés de la première étape, Jean (Araok) qui a battu son record d'heures de moteur sur trois jours en rattrapant la course et en remorquant la Yole, et Jean-Pierre (Askolenn) qui a fait l'intégralité du parcours et partagé ses cabines. Citons également le deuxième Jean-Pierre qui nous aurait suivis avec son magnifique 49 pieds (Cla An Go) s'il avait pu trouver quelqu'un.e pour l'assister.

Merci également à Jean-Yves, Gérard, Ronan et Roger, les pilotes des petits canots qui ont assuré le service de rade à Moustérian ou embarqué l'équipe vidéo sur le Blavet et dans le Golfe.

L'image

Nous avons fait un pari risqué : obliger les concurrents à envoyer des vidéos sur Twitter pour qu'elles se retrouvent automatiquement rassemblées sur le site. La contrainte était parfois difficile à respecter, par exemple pendant l'orage à la sortie du Golfe ! Au final, 76 vidéos ont été envoyées (à ce jour), donnant une image fidèle de la vie à bord des bateaux en course.

Nous avons aussi assuré, en confiant à BeTrained Production et AB Drone la responsabilité de couvrir la course de l'extérieur et depuis les airs. Les images prises par le drone qui tournait autour des bateaux sur le Blavet ou à l'entrée du Golfe devraient être époustouflantes. Pour avoir un aperçu du niveau de qualité attendu de la production, il suffit de voir l'album-photo créé par Laurent Brière. Si vous êtes sur Facebook, n'hésitez pas à regarder les retransmissions qu'il a faites en direct et qui sont partagées sur notre groupe.

L'organisation

Organiser une telle épreuve était une première pour l'association De Vent et d'Eau, montée pour l'occasion. Après des mois de préparation, de recherche de sponsors, de formalités administratives, de recherche de solutions de dernière minute, nous pensions que le plus dur était fait après le signal du départ. Une heure plus tard, l'orage faisait écrouler le chateau de cartes et nous imposait d'improviser, de sauter le plan B et d'imaginer les plans de secours au fur et à mesure des événements.

L'engagement de l'équipe, la générosité des bénévoles et des accompagnateurs, la patience des concurrents ont permis d'aller jusqu'au bout. Les sponsors ont été souvent cités, mais le succès de l'épreuve doit aussi beaucoup à Frédéric (UCPA de Séné), Patrice (Ave Maria), Jean et Hervé (Araok) et les deux Jean-Pierre (Askolenn et Cla An Go), nos gentils accompagnateurs, Dédé (Bar Le Safran), Joël (le "Shériff" de Pen Mané), Séverine et Sonia, Anne et Philippe (CNLM), Patrice et Ronan à Locmiquélic, Nath, Laetitia et Jean-Louis à Hennebont, Yannick et Gérard à Larmor-Baden, les clubs d'aviron de Vannes et Hennebont, Mémé patate, Jean-Laurent (Rôtisserie Pourleth), notre vidéaste Laurent et ses dronistes... et bien d'autres.

Un grand merci à Virginie, Philippe, Didier et Marc qui ont beaucoup mouillé le maillot.

Crédit photos: Laurent Brière

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